HENOSOPHIA le monde spirituel

Et maintenant, homme de rien, fuis un moment tes occupations, cache-toi un peu de tes pensées tumultueuses. Rejette maintenant tes pesants soucis, et remets à plus tard tes tensions laborieuses. Vaque quelque peu à Dieu, et repose-toi quelque peu en Lui. Entre dans la cellule de ton âme, exclus tout hormis Dieu et ce qui t’aide à le chercher ; porte fermée, cherche-le

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Cleo de 5 à 7

dans la soirée d’hier, après la visite à mon père à l’hopital, j’ai pu revoir ce film admirable qu’est « Cleo de 5 à 7 » d’Agnès Varda, qui date si je ne me trompe de 1961.
Coïncidence ? « synchronicité » ? signe ? il est de fait que ce film s’inscrit parfaitement dans la suite des questions débattues l’après midi lors de ma visite : mort, destin, etc…. si j’étais superstitieux j’y verrais un « signe » de mon « ange »…ou de mon daimôn, pour rester plus « philosophique ».
Agnès Varda a choisi quant à elle de donner à son héroïne une nature « superstitieuse », et d’accorder à ce que l’on nomme généralement « superstition » une dimension de vérité, puisque le film commence chez la tireuse de cartes qui voit d’emblée ce dont nous ne serons sûrs qu’à la fin : Cléo (ou florence, puisque dit son vrai prénom au cours du film) est bien atteninte d’un cancer , mortel (en tout cas en 1961).
La fin justement est abslument admirable et bouleversante, parce que la « vérité » (factuelle, de sa maladie) révélée à Cleo par son médecin qui ne prend pas de gants, au lieu de l’abattre, la « relève » dans un courage et une énergie nouvelle; alors que durant tout le film elle pleure et est dominée par l’angoisse et la peur, elle prend conscience dans le regard de l’autre (du jeune soldat qu’elle a rencontré quelques minutes avant, rencontre qui avait été prévue par la tireuse de cartes du début) du fait qu’elle n’a plus peur de rien, puisqu’elle « sait » maintenant. Et l’on peut imaginer que ces deux là vont s’aimer, et se battre ensemble contre la mort inéluctable.
Mais il n’y pas selon moi de « signes » : la mort est une certitude, et quelle différence entre mourir dans un mois ou dans cinquante ans ?
Je repensai à ces lignes du livre de M A Choquet sur la conversion spirituelle, qui m’ont tellement « fait signe » quand je les ai lues il y a quelques années, et m’ont engagé sur le chemin que je suis toujours, loin, très loin des sagesses orientales comme des religions d’occident:
« Du physiologique au physique, de l’instinct à l’intelligence, du vécu au pensé, la conscience convertie ne garde que le rapport de correspondance détaché des objets sensibles et des images poétiques qui génèrent l’émotion, comme la numération a retenu la correspondance entre les doigts d’une main et les objets à compter. Ainsi séparée des sens et de leur univers,l’intelligence retrouve à sa source le pouvoir unifiant éternellement actuel par lequel toutes choses sont perpétuellement liées, déliées et reliées.
Dans ce nouvel univers l’esprit dissout les corps en mouvements, la lumière et les sons en radiations, les forces en relations de chocs, et,sans quitter la discipline du vrai inscrite dans son incessant travail de vérification, les combine à l’infini.
Alors, dans cette immanence créatrice, les deux univers Pascaliens n’en font plus qu’un, le grand et le petit se sont évanouis avec les images et le Bien comme le Beau adhèrent intimement à l’unique notion de Vérité. Le règne humain est atteint. Le corps et ses désirs a disparu avec les images et pourtant la correspondance est conservée avec l’activité fonctionnelle la plus élémentaire. »
Le grand circuit intellectuel enveloppant le corps et son univers a rejoint l’immanence vitale qui donne une réalité passagère aux phénomènes« 
aujourd’hui je vois les choses ainsi : seule cette « conscience convertie » (dont l’accès est l’objet de ce blog) permet d’échapper à la mort en un salut « intellectuel » qui a beaucoup à voir avec Spinoza comme d’ailleurs avec certains tendances du Vedanta, Shankara notamment…
je note en tout cas une évolution chez moi : le corps et ses désirs n’ont pas disparu, dissous par l’esprit, mais ils se font nettement moins « envahissants » depuis quelques temps… dois je y voir un résultat du « travail » entrepris, ou bien une évolution inéluctable dûe à l’âge ?
bah.. soyons positifs, et choisissons la première solution…
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début du journal

Je commence aujourd’hui à tenir ce journal au jour le jour…ou à la semaine. Il me semble que c’est la forme qui convient le mieux à ce blog qui se veut « pour tous et pour personne », mais qui n’y arrivera certainement pas… alors disons que je me raconte ma vie à moi même !

en tout cas je sais très bien pourquoi j’ai choisi d’ouvrir ce nouveau blog, et de ne pas continuer l’ancien, ou les anciens : il y avait peu de lecteurs, mais c’était encore trop (2000 par mois il me semble). J’étais tenté d’écrire pour la galerie, je n’étais plus libre, et donc plus sincère.

Or si ce journal manque de sincérité, il n’a plus de raison d’être, sauf le temps passé à le remplir !

je me parle donc ici à moi même… à moi même puisqu’à personne en particulier, et certainement pas à Dieu…

ce qui m’évoque l’après midi d’hier…visite à mon père à l’hopital…à un moment de la conversation, celui ci relate la visite d’une « religieuse » venue lui proposer de venir à la messe le dimanche, et son refus « énergique » au motif qu’il se déclare « mécréant ».

N. intervient alors dans la conversation et lui demande : « vous êtes mécréant ? alors pour vous, une fois morts, nous devenons la proie des vers de terre ? »

et mon père : « parfaitement ! »

C’est alors que je me suis cru obligé d’apporter à mon tour mon grain de sel, et de faire remarquer que la question de Dieu n’était pas forcément liée à celle du surnaturel ou d’un destin « post mortem », même si les métaphysiques populaires (pour ne pas dire la « métaphysique des imbéciles » comme Adorno à propos de l’occultisme et de l’astrologie) faisaient souvent la confusion….je poursuivis même en affirmant tout à trac que la conception philosophique purement spirituelle de Dieu, du Dieu des philosophes donc, était obstruée par ces imaginations matérialistes d’une âme continuant sa course  « après la mort »…

il est bizarre de réaliser combien ce genre de considérations est généralement incompris… il y a un article de Simeon, intitulé « La naissance et la mort »,  dans la « Revue de métaphysique et de morale » année 27 (1920) on peut y accéder sur le site http://gallica.bnf.fr, l’article proprement dit s’étend de la page 495 à 515 et l’url est :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11187k

cet article, qui est d’ailleurs cité par Vuillemin dans son ouvrage de 1948 sur la signification de la mort, fait bien le point sur la conception réellement spiritualiste, c’est à dire idéaliste, du phénomène de la mort. Spiritualisme réel qui exclut absolument toute notion, ou plutôt pseudo-notion, d’une continuation « après la mort » sous la forme d’une perpétuité indéfinie, comme d’ailleurs toute notion (pseudo-notion là encore d’anéantissement..

 il faudra que j’y revienne